La rééducation vestibulaire est une spécialité de la kinésithérapie traitant les vertiges et les troubles de l’équilibre. Réalisée par un praticien spécialisé, elle dure en moyenne 6 à 10 séances et affiche un taux de réussite de 80 à 95 % pour les vertiges positionnels (VPPB). Ce guide détaille le fonctionnement du système vestibulaire, le déroulement des soins et les résultats attendus.
Qu’est-ce que le système vestibulaire et pourquoi dysfonctionne-t-il ?
Le système vestibulaire, situé dans l’oreille interne, agit comme un accéléromètre biologique. Il capte les inclinaisons et les mouvements de la tête pour informer le cerveau de notre position dans l’espace.
Lorsqu’une anomalie survient (déplacement de cristaux, inflammation du nerf), les informations transmises au cerveau deviennent erronées ou asymétriques. Ce conflit sensoriel génère des symptômes invalidants : vertiges rotatoires, sensations d’ébriété et instabilité posturale. La rééducation vestibulaire ne se contente pas de “réparer” l’oreille ; elle exploite la plasticité cérébrale pour reprogrammer le système nerveux et favoriser la compensation par la vue et la proprioception.
Quel est le rôle du kinésithérapeute dans la rééducation vestibulaire ?
Le masseur-kinésithérapeute intervient à deux niveaux cruciaux : le diagnostic de précision et le traitement manuel.
Un diagnostic différentiel rigoureux
Le praticien doit d’abord identifier l’origine du trouble. Pour cela, il recherche le nystagmus, un mouvement involontaire des yeux qui signe une atteinte vestibulaire. L’utilisation d’un masque de vidéonystagmoscopie (infrarouge) permet d’analyser ces secousses oculaires avec précision pour localiser le canal semi-circulaire défaillant.
Les manœuvres libératoires et le suivi
Pour le Vertige Paroxystique Positionnel Bénin (VPPB), le kinésithérapeute réalise des manœuvres de bascule de la tête (type manœuvre d’Epley ou de Semont). L’objectif est de faire migrer les débris calcaires (otolithes ou “cristaux”) hors des zones sensibles.
Au-delà de l’aspect technique, le kinésithérapeute accompagne le patient dans la gestion de l’anxiété liée au mouvement. En expliquant la pathologie, il aide à lever les comportements d’évitement (peur de bouger la tête) qui freinent la guérison.
Comment se déroule une séance de rééducation vestibulaire ?
Une fois le diagnostic posé, les séances s’articulent autour d’exercices de stimulation progressive pour calibrer les capteurs de l’équilibre.
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Conflits sensoriels : Le patient est placé sur des mousses de densités variables ou des plateformes dynamiques. En privant le sujet de certains repères (yeux fermés), on force le cerveau à s’appuyer sur les muscles et les capteurs des pieds.
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Stabilisation du regard : Des exercices de fixation visuelle pendant des rotations rapides de la tête permettent de stabiliser l’horizon visuel.
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Optocinétique : Utilisation de stimulations visuelles en mouvement (boules à facettes ou simulateurs) pour désensibiliser le patient aux environnements visuels complexes (foule, supermarchés).
Tableau récapitulatif des prises en charge
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Pathologie |
Type de traitement |
Nb moyen de séances |
Taux de succès |
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VPPB (Cristaux) |
Manœuvres libératoires |
1 à 3 séances |
90% + |
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Névrite vestibulaire |
Rééducation de compensation |
10 à 20 séances |
Très élevé |
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Maladie de Ménière |
Compensation entre les crises |
Variable |
Amélioration du confort |
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Instabilité (Sujet âgé) |
Renforcement et équilibre |
15 séances + |
Prévention des chutes |
FAQ : Questions fréquentes sur la rééducation de l’équilibre
La rééducation vestibulaire fait-elle mal ?
Non, mais elle peut être inconfortable. Les exercices visent à provoquer légèrement le symptôme pour que le cerveau apprenne à le compenser. Des nausées passagères peuvent survenir durant la séance.
Combien de séances sont nécessaires ?
Pour un vertige de type VPPB, 2 à 3 séances suffisent souvent. Pour une perte de fonction plus globale (névrite), il faut compter entre 10 et 15 séances pour une compensation efficace.
Est-ce remboursé par la Sécurité sociale ?
Oui, la rééducation vestibulaire est prise en charge par l’Assurance Maladie à hauteur de 60% (le reste par la mutuelle), sous réserve d’une prescription médicale.
Faut-il une ordonnance pour consulter ?
Oui, une ordonnance mentionnant “Rééducation vestibulaire” ou “Rééducation des troubles de l’équilibre” est nécessaire pour bénéficier du remboursement et permettre au kinésithérapeute d’agir dans un cadre thérapeutique.
Au bout de combien de temps voit-on des résultats ?
Les résultats sont souvent immédiats pour les vertiges positionnels après la manœuvre. Pour les troubles chroniques, une amélioration de la stabilité est généralement constatée après 4 ou 5 séances.

