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Kinésithérapie et tendinite : comment prévenir et traiter efficacement ?

Sommaire

    Comment soigner une tendinite rapidement ? Le protocole de kinésithérapie pour vos patients

     

    Le traitement d’une tendinite (ou tendinopathie) repose aujourd’hui sur deux piliers :

    • la gestion progressive de la charge mécanique ;
    • le renforcement musculaire ciblé.

    Oubliez la glace à outrance et le repos strict qui “désadaptent”. Pour une récupération optimale suite à une tendinite, le kinésithérapeute spécialisé en rééducation de la tendinopathie doit mettre en place un protocole de rééducation personnalisé afin de stimuler la cicatrisation du tendon.

    Cette approche doit s’accompagner d’une phase de prévention de la tendinite et donc d’une éducation rigoureuse du patient sur le stress mécanique pour éviter le cercle vicieux de la rechute. Or, comme étudié par Tim Gabbett, scientifique du sport, 80% des échecs de traitement sont dus à une reprise de l’activité trop précoce sans transition ou, à l’inverse, à une sous-charge chronique en séance avec des exercices kiné qui ne stimulent pas assez le tissu.

     

    Quels sont les symptômes d’une tendinite ?

     

    Reconnaître les signes cliniques est la première étape pour un diagnostic précis en kinésithérapie. Le champ sémantique du patient tourne souvent autour de la gêne fonctionnelle. Voici les manifestations caractéristiques à surveiller afin de prodiguer les meilleurs conseils et de construire le protocole de soin le plus adapté :

    • une douleur localisée et vive au mouvement : lors de la sollicitation du muscle rattaché au tendon.
    • une raideur matinale : le tendon semble un peu rouillé au réveil, nécessitant quelques minutes d’échauffement pour bouger de façon normale.
    • un léger gonflement : ce n’est pas systématique, mais une légère tuméfaction peut apparaître autour de la gaine du tendon (ce qu’on appelle ténosynovite).
    • un effet boomerang : les douleurs peuvent diminuer après l’échauffement, mais elles reviennent de façon encore plus intense après l’effort ou à froid.
    • une certaine sensibilité à la palpation : par exemple lorsqu’on appuie directement sur la structure tendineuse ou son insertion osseuse.

     

    Quand consulter un kinésithérapeute ?

    Signaux d’alerte Pourquoi consulter rapidement ?
    Douleurs au repos Indique un stade d’irritabilité élevé ou une pathologie inflammatoire associée.
    Impuissance fonctionnelle Incapacité de porter une charge ou de marcher à cause de la douleur (risque de rupture).
    Douleurs nocturnes Signe d’un processus de cicatrisation perturbé ou d’une forte inflammation.
    Échec de l’auto-traitement Si après 7 jours de repos relatif, les douleurs ne diminuent pas.

     

    Pourquoi parle-t-on de tendinopathies plutôt que de tendinites ?

     

    Douleur, stress et inflammation : que dit la science ?

     

    Pendant des décennies, la science et la médecine ont parlé de tendon “enflammé” (ce que signifie le fameux suffixe -ite de “tendinite”), ce qui menait à des prescriptions massives de repos et d’anti-inflammatoires. Pourtant, la recherche et les traitements contemporains montrent souvent une absence de cellules inflammatoires classiques dans les douleurs chroniques du tendon. On parle donc désormais de tendinopathie, un terme qui décrit mieux cette pathologie et les douleurs qui y sont associées, qu’elle se trouve au niveau de l’épaule, du genou, de la cheville ou tout autre partie du corps.

    Selon une étude de référence publiée dans le British Journal of Sports Medicine (BJSM, 2019), le tendon ne s’enflamme pas, il réagit à une surcharge qu’il n’a plus la capacité d’absorber, lors d’un exercice physique par exemple. C’est une faillite de la capacité de charge. Le traitement de la tendinite ne doit donc pas viser à éteindre une inflammation en réalité inexistante, mais à reconstruire la résistance de la structure du tendon et des muscles qui l’environnent.

     

    Quels sont les chiffres clés de la pathologie en France ?

     

    La tendinopathie est un motif de consultation massif en kinésithérapie, touchant aussi bien le sportif et l’exercice physique de haut niveau que le travailleur sédentaire faisant sa gymnastique tous les matins. Voici les données essentielles pour mieux situer l’enjeu côté kiné :

    • 30% des blessures sportives concernent directement les tendons, avec une prévalence accrue dans les exercices ou sports d’impulsion ou de lancers (Source : L’Équipe/INSEP, 2022).
    • La coiffe des rotateurs chez les plus de 50 ans et le tendon d’Achille chez les coureurs sont les zones de vulnérabilité majeure.
    • 50% des coureurs à pied présenteront une tendinopathie d’Achille au cours de leur vie, souvent par manque de progressivité dans leur entraînement (BJSM).
    • Les temps de cicatrisation et de remise complète varient en fonction du type de tendinopathie :

     

    Pathologie Temps moyen de cicatrisation Reprise sport complet (impacts)
    Tendinopathie d’Achille 3 à 6 mois 6 à 9 mois
    Épicondylite (coude) 6 à 12 mois Variable selon l’activité
    Tendinopathie Patellaire (genou) 4 à 8 mois 6 à 10 mois

     

    Quels protocoles et exercices de rééducation privilégier pour des résultats durables ?

     

    Comment doser le renforcement sans aggraver la douleur ?

     

    L’époque du “repos total” est officiellement révolue : un tendon qui ne travaille pas est un tendon qui s’atrophie. Comme le rappelle souvent l’experte Jill Cook : “Le repos est un ennemi pour le tendon” (Source : Clinical Pearls On Tendinopathy From Dr Jill Cook — Physio Network). Le kinésithérapeute moderne doit devenir un expert du protocole HSR, pour Heavy Slow Resistance (Source : ScienceDirect – La rééducation des tendinopathies du membre inférieur) et de la remise en charge graduelle, grâce à du matériel et un équipement adaptés.

    Récapitulatif synthétique du protocole par phase :

    • Phase 1 : l’isométrie. Maintenir une contraction statique (ex: demandez à votre patient de se tenir sur la pointe des pieds) permet de solliciter les fibres sans mouvement de frottement irritant. C’est un puissant levier antalgique immédiat pour calmer la douleur en début de séance.
    • Phase 2 : le renforcement dynamique lent. Privilégiez les mouvements excentriques et concentriques avec des charges lourdes mais des mouvements très lents. Cela force le tendon à se remodeler et à s’épaissir.

     

    Phase Type d’exercice Objectif Durée indicative Douleur (EVA)
    1. Antalgique Isométrie (statique) Diminuer la douleur, réveil musculaire 1 à 2 semaines < 2/10
    2. Remodelage Isotonique lent (HSR) Stimuler la mécanotransduction 4 à 8 semaines 3/10 max
    3. Stockage Travail pliométrique Retrouver l’élasticité (ressort) 4 à 12 semaines 3/10 max
    4. Spécifique Gestes sportifs Retour au terrain selon le sport 2/10 max

     

    Pour piloter cela, utilisez l’auto-évaluation du patient via l’échelle de douleur (EVA) : une douleur modérée (jusqu’à 3/10) est acceptable durant l’exercice, à condition qu’elle disparaisse rapidement après la séance et ne soit pas augmentée le lendemain matin.

     

    Quand faut-il utiliser les ondes de choc ?

     

    Les ondes de choc radiales (ODCR) (plus d’infos ici : Ondes de choc dans le traitement des lésions tendino-musculaires) constituent un complément thérapeutique de choix, particulièrement pour les tendinopathies chroniques ou calcifiantes.

    Comment ça marche ?

    • Les ondes créent des micro-traumatismes contrôlés sur la zone à traiter ;
    • Elles stimulent le métabolisme local ;
    • Elles favorisent la libération de facteurs de croissance pour réparer le tendon.

    Cependant, attention au piège : elles ne sont qu’un adjuvant, un complément de traitement. Une thérapie par ondes de choc sans exercices de renforcement associés aura un effet limité dans le temps.

     

    Comment aider vos patients à prévenir la récidive au quotidien ?

     

    Quels conseils donner pour une gestion autonome du stress mécanique ?

     

    L’éducation thérapeutique (ETP) est votre levier le plus puissant pour transformer un patient passif en un acteur de sa guérison. Utilisez des métaphores simples : expliquez que le tendon est comme un ressort ou un élastique. S’il est sollicité brutalement sans être préparé, il s’effiloche ; s’il est entraîné régulièrement, il se renforce et devient “incassable”.

    • La règle d’or des 24h : apprenez à votre patient à monitorer sa douleur. Si par exemple, son tendon est plus raide ou douloureux au matin le lendemain d’une activité, c’est que le seuil de tolérance a été franchi. Il ne faut pas s’arrêter, mais ajuster la dose d’effort et la charge exercée.
    • L’hygiène de vie, ce pilier invisible : une alimentation déséquilibrée, un sommeil de mauvaise qualité ou une déshydratation chronique impactent directement la synthèse du collagène. Rappelez à vos patients que la rééducation se joue aussi en dehors de la table de massage.

     

    Comment Topaze vous aide à libérer du temps pour vos séances ?

     

    Proposer une rééducation de pointe, basée sur des protocoles précis comme le HSR, demande une concentration totale sur le patient. Entre le bilan diagnostique kinésithérapique (BDK) qui doit être minutieux, le suivi de la progression de la rééducation et la gestion administrative, vos journées peuvent vite devenir un marathon épuisant.

    • Automatisez pour mieux soigner : avec Topaze, la gestion de vos dossiers et de votre facturation devient quasi invisible. Moins de clics sur l’ordinateur ou sur l’appli, c’est plus d’attention portée à la posture de votre patient lors d’un squat ou à la qualité d’un mouvement. Avec l’agenda Topaze :
      • toutes vos séances sont automatiquement pointées et enregistrées, une fois l’heure du rendez-vous passé. Cela vous fait gagner jusqu’à 40 clics par jour ;
      • quel que soit le mode, des indicateurs clés vous orientent sur les actions à effectuer pour ne rien oublier : nombre de séances réalisées ou restant à faire, nombre de séances facturées ou restant à facturer, date de la dernière séance, notifications pour documents manquants, rappels patient, facturation, et bien sûr chiffre d’affaires généré.

     

    • Une interface pensée pour la mobilité : que vous soyez au chevet du patient à son domicile ou à proximité de votre plateau technique, accédez à vos fiches de suivi et à vos dossiers patients en un clin d’œil. C’est l’outil idéal pour les kinés qui veulent allier expertise clinique et confort de travail. Vous pouvez gérer l’intégralité de votre activité directement depuis votre smartphone :
      • saisir une prescription depuis l’appli mobile, sans attendre de rentrer au cabinet ;
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      • facturer et sécuriser directement depuis le terrain ;
      • continuer à travailler même sans Internet grâce au mode hors connexion.
      • Que vous soyez en tournée à domicile ou en salle de soins, ne perdez plus une minute : tout est accessible, simple et sécurisé, et vous gagnez jusqu’à 30 minutes par jour sur votre temps de gestion.

     

    Conclusion : quel avenir pour le traitement de la tendinite en cabinet ?

     

    La prise en charge des tendons a vécu une révolution : fini la passivité, place à la mise en pratique des conseils de prévention à l’activité et au mouvement fonctionnel. En tant que kinésithérapeute, vous n’êtes pas seulement celui qui “masse”, mais celui qui calibre la charge pour reconstruire le corps de vos patients. En combinant cette expertise scientifique avec des outils de gestion fluides comme Topaze, vous offrez à vos patients le meilleur de la kinésithérapie moderne : des résultats rapides, durables, et des patients fidélisés en toute confiance.

     

    FAQ : Tendinite et kiné et 5 questions / réponses

     

    1. La chirurgie est-elle inévitable pour une tendinopathie rebelle ?

     

    Non, la chirurgie reste une solution de dernier recours. Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), elle n’est généralement envisagée qu’après l’échec d’un traitement médical et kinésithérapique bien conduit pendant au moins 6 à 12 mois. L’intervention (peignage de tendon, nettoyage des calcifications) demande ensuite une rééducation encore plus longue, donc c’est vraiment une solution de dernier recours. La kiné active “sauve” la grande majorité des patients de l’opération.

     

    2. Quelle est la différence entre une tendinite et une tendinopathie ?

     

    La “tendinite” suppose une inflammation qui n’est pas toujours présente. La “tendinopathie” est un terme plus juste qui désigne une dégradation de la qualité du tendon et de ses fibres de collagène.

     

    3. Pourquoi la tendinite a tendance à récidiver ?

     

    La récidive est souvent liée à une erreur de gestion de la charge. Soit le patient a repris l’exercice de façon trop forte ou soudaine (le fameux “syndrome du weekend warrior”, qui veut qu’une personne concentre ses activités physiques modérées à intenses sur une courte période), soit il a arrêté ses exercices de renforcement des muscles et tendons dès que la douleur a disparu. Or, le tendon a besoin de temps pour se réparer et se solidifier, même quand la douleur a disparu et qu’on ne souffre plus.

     

    4. Combien de temps dure une tendinite ?

     

    Il faut compter entre 6 semaines pour les cas légers et 6 à 9 mois pour les cas chroniques sévères. Le tendon est un tissu peu vascularisé, sa cicatrisation est donc naturellement lente.

     

    5. Faut-il mettre de la glace ou du chaud sur une tendinite ?

     

    Le chaud est souvent préférable pour détendre les muscles associés et favoriser la vascularisation. La glace a un effet antalgique immédiat mais peut ralentir les processus métaboliques de cicatrisation s’il n’y a pas d’inflammation réelle.

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