Jusqu’à présent, l’article R. 4321-9 du code de la santé publique limitait la prise de tension artérielle par un kiné au cadre d’un traitement prescrit par le médecin, au cours de la rééducation. La loi n° 2026-668 du 27 juillet 2026 change la donne : elle autorise désormais le kinésithérapeute à mesurer la pression artérielle de ses patients de façon indépendante, dans une démarche de prévention des risques cardio-neuro-vasculaires.
Ce que dit précisément la loi
Promulguée le 27 juillet 2026 et publiée au Journal officiel le lendemain, cette loi vise à doter la France d’une stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires, deuxième cause de mortalité en France. Son article 2 modifie l’article L. 4321-1 du code de la santé publique pour préciser que le kinésithérapeute “est autorisé à mesurer la pression artérielle de patients dans une démarche de prévention des risques cardio-neuro-vasculaires”. Le même article prévoit une exception explicite à l’article L. 4161-1 pour les masseurs-kinésithérapeutes qui mesurent la pression artérielle.
Ce que ça change concrètement au cabinet
| Avant la loi | Depuis le 27 juillet 2026 |
|---|---|
| Mesure de la tension autorisée uniquement dans le cadre d’un traitement prescrit par le médecin | Mesure autorisée de façon indépendante, dans une démarche de prévention |
| Pratique encadrée exclusivement par l’article R. 4321-9 | Pratique sécurisée juridiquement par la loi elle-même (article L. 4321-1) |
D’autres mesures de la loi qui concernent la profession
Au-delà de la mesure de tension, la loi comprend plusieurs volets qui touchent indirectement l’exercice des kinés :
- Les étudiants en kinésithérapie peuvent désormais participer aux actions de sensibilisation aux maladies cardio-neuro-vasculaires
- Renforcement du dépistage en milieu scolaire dès 6 ans, incluant les facteurs de risque cardio-neuro-vasculaires
- Actions de sensibilisation en milieu professionnel via des partenariats avec les CPTS et organismes mutualistes
- Un rapport d’évaluation médico-économique sera remis au Parlement dans un délai de trois ans
Une reconnaissance dans la continuité du bilan prévention
Cette évolution s’inscrit dans le même mouvement que l’intégration récente des kinés au dispositif “Mon bilan prévention” : la profession gagne du terrain sur le terrain de la prévention, au-delà de son rôle historique de rééducation. Pour le Conseil national de l’Ordre, qui a soutenu “pleinement ces deux évolutions”, cela renforce durablement la place du kiné dans le parcours de soins, y compris pour des spécialités comme la kinésithérapie cardio-vasculaire.
FAQ
Un kiné peut-il mesurer la tension artérielle sans prescription médicale ?
Oui, depuis la loi n° 2026-668 du 27 juillet 2026, un kinésithérapeute peut mesurer la pression artérielle de façon indépendante, dans une démarche de prévention des risques cardio-neuro-vasculaires.
Quel article du code de la santé publique a été modifié ?
L’article L. 4321-1, avec une exception prévue à l’article L. 4161-1 spécifiquement pour les masseurs-kinésithérapeutes qui mesurent la pression artérielle.
Pourquoi cette loi a-t-elle été adoptée ?
Les maladies cardio-neuro-vasculaires sont la deuxième cause de mortalité en France ; la loi vise à structurer une stratégie nationale de prévention, dans laquelle les kinésithérapeutes jouent désormais un rôle élargi.
Les étudiants en kinésithérapie sont-ils concernés par cette loi ?
Oui, ils peuvent désormais participer aux actions de sensibilisation aux maladies cardio-neuro-vasculaires.
Cette loi prévoit-elle un suivi de son impact ?
Oui, un rapport d’évaluation médico-économique doit être remis au Parlement dans un délai de trois ans.
