Depuis la suppression de la PACES au profit d’un enseignement censé être plus accessible (PASS et LASS), les étudiants en kinésithérapie continuent de dénoncer des inégalités criantes pour pouvoir obtenir leur précieux diplôme. Le parcours de formation est qualifié d’inégalitaire et de discriminant ? Pourtant, les engagements pris pour ce cursus d’enseignement supérieur semblaient avoir apporté une réponse définitive.
Le coût des études de kinésithérapie, un facteur d’inégalité ?
Chaque année, l’approche de la rentrée de septembre relance les débats autour du coût de la formation des futurs masseurs-kinésithérapeutes. Septembre 2025 ne fait pas exception à la règle. Parmi les problématiques qui se posent aux étudiantes et étudiants se préparant à faire leur rentrée en Institut de Formation en Masso Kinésithérapie (IFMK), un cristallise les tensions : les inégalités en matière de frais de scolarité. Obtenir sa place en IFMK reste difficile.
En effet, les étudiants sont nombreux à dénoncer, depuis de nombreuses années, les différences existantes entre les différents IFMK en matière de frais de scolarité. Au-delà de la différence entre les instituts publics et les instituts privés, les critiques se concentraient essentiellement sur la grande disparité constatée entre les IFMK publics. Ainsi, en 2022, 13 IFMK publics sur un total de 25 n’appliquaient pas l’équité, demandée par les étudiants, en ne proposant pas des frais de scolarité similaires à ceux pratiqués à l’Université. Les étudiants devaient donc ainsi débourser, selon l’IFMK concerné, entre 376,50 et 5.600 €. La Fédération nationale des étudiants en Masso-kinésithérapie (FNEK) avait donc introduite cette demande d’équité dès 2020, et en 2022, le Conseil d’Etat avait fait droit à cette demande, en pourtant….
Quel montant pour des études en IFMK à la rentrée 2025 ?
Dans sa décision du 07 octobre 2022, le Conseil d’Etat reconnaissait le droit (pour les étudiants) de bénéficier de frais de scolarité. Ils doivent être calqués sur ceux pratiqués à l’université dans tous les IFMK publics soit entre 170 et 243 € (ce mode de calcul dépend alors avant tout du niveau de formation, avant ou après licence). Dans sa décision, la plus haute juridiction administrative soulignait même que « tous les autres frais réclamés seront considérés comme illégaux ». C’était donc une victoire pour la FNEK ! Les autorités publiques devaient donc s’engager à ce que chaque semestre pour une formation en masso-kinésithérapie soit similaire à un autre organisé à l’université, en science ou dans une autre discipline. Pourtant la situation reste, pour cette rentrée 2025, complexe et difficilement compréhensible.
Cette décision du Conseil d’Etat trouvait même, en juillet 2023, une consécration avec une inscription dans l’avenant 7 à la convention kiné. Ce dernier garantissait l’harmonisation des frais des études de kiné. En échange, les étudiants kiné devaient s’installer en région sous-dotée ou sous forme salariée pendant au moins deux ans, alors que la décision du conseil d’Etat était elle inconditionnelle. Les masseurs kinésithérapeutes pouvaient donc, à l’été 2023, considérer que cette question des frais de scolarité était définitivement réglée. Mais tel n’est pas le cas. En 2024 déjà, les étudiants s’insurgeaient contre l’immobilisme, ayant conduit à une non-application de ces mesures. Aujourd’hui encore, la situation n’est toujours pas solutionnée malgré tous les engagements pris au cours de ces derniers mois.
A quand des frais de scolarité conformes aux engagements des autorités ?
Comme pour chaque filière de santé, obtenir le diplôme requis constitue une nécessité absolue pour le futur professionnel de santé. L’ensemble du cycle universitaire ou de formation engendre des frais (pédagogique, stage…). Toutefois, ces derniers ne doivent pas empêcher les étudiants d’aller au terme de leur cursus.
Dans un communiqué de presse, publié en juillet 2025, la FNEK s’indigner de la situation : « Depuis 2 ans, les étudiant·e·s sont dans l’attente de solutions concrètes. Ils et elles continuent de débourser des milliers d’euros pour étudier en se demandant chaque année comment ils et elles vont pouvoir poursuivre leurs études. « D’autant plus, que les contreparties demandées aux kinésithérapeutes entreront elles en vigueur prochainement : « Il est inacceptable que seules les mesures contraignantes soient mises en œuvre dès 2028, tandis que celles bénéfiques pour les étudiant·e·s ne sont même pas soumises à concertation avec les principaux·ales concerné·e·s. »