Blog 5 Kiné au quotidien 5 La pratique du Shiatsu en tant que kinésithérapeute

La pratique du Shiatsu en tant que kinésithérapeute

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    Technique japonaise de pressions manuelles, le shiatsu séduit de plus en plus de patients, et certains kinés envisagent de s’y former pour compléter leur pratique. Avant de vous lancer ou d’orienter un patient, il faut distinguer ce qu’on sait de cette technique de ce qu’on en espère. Voici un tour d’horizon vérifié en octobre 2026.

    L’essentiel en 5 points

    • Le shiatsu est un art du toucher d’origine japonaise, reçu habillé, basé sur des pressions et des étirements.
    • Ses bienfaits annoncés (détente, réduction du stress) reposent surtout sur le témoignage des praticiens : les preuves scientifiques restent faibles.
    • Il ne traite aucune pathologie de façon démontrée et ne remplace jamais un avis médical.
    • Pour choisir un praticien, privilégiez le certificat fédéral de la FFST.
    • Un kiné peut se former, mais sans promesse thérapeutique et avec l’accord de l’Ordre pour utiliser son titre.

     

    Qu’est-ce que le shiatsu ?

    Selon la Fédération Française de Shiatsu Traditionnel (FFST), le shiatsu est un art d’origine japonaise basé sur le toucher. Il repose sur des pressions rythmées et des étirements exercés avec les mains, les doigts et les paumes, parfois avec les coudes, les genoux ou les pieds, sur des zones du corps où circulerait l’énergie. Il est reconnu officiellement au Japon depuis 1955 (FFST, référentiel 2025).

    Cette lecture énergétique, issue de la médecine traditionnelle asiatique, n’est pas celle de la kinésithérapie, qui s’appuie sur les données acquises de la science. Les deux approches ne se confondent pas : le shiatsu n’a pas de rôle de rééducation.

     

    Quels sont les bienfaits du shiatsu ?

    D’après la FFST, la pratique du shiatsu réduit le stress et les tensions, stimule les défenses de l’organisme et apporte une détente physique et psychique contribuant au bien-être. Ces bienfaits sont ceux que revendique la fédération.

    Côté preuves, la revue systématique de Robinson, Lorenc et Liao n’a retenu que 9 études sur le shiatsu et conclut que les preuves y sont faibles, tout en notant que l’acupressure, une technique voisine, pourrait être bénéfique sur la douleur, les nausées et vomissements et le sommeil (BMC Complementary and Alternative Medicine, 2011). Dans l’EMC, J.-M. Lardry, directeur d’un institut de formation en massokinésithérapie, écrit que le shiatsu ne repose sur aucune validation scientifique ou clinique (EMC Kinésithérapie). Nous n’avons pas retrouvé de revue plus récente concluant autrement.

    En pratique, on peut donc présenter le shiatsu comme un moment de détente, pas comme un soin.

     

    Quelles pathologies peut-on traiter avec le shiatsu ?

    Aucune, de façon démontrée. À ce jour, nous n’avons pas trouvé d’étude solide établissant l’efficacité du shiatsu sur une pathologie précise. Les personnes qui le consultent le font surtout pour le stress, les tensions, la fatigue ou la détente, des situations où l’on parle de bien-être plutôt que de traitement.

    Le code de déontologie de la FFST lui-même impose d’orienter vers un médecin toute personne présentant des symptômes nécessitant son avis, et rappelle que le praticien de shiatsu ne doit pas prendre la place d’un médecin ou d’un paramédical. Le référentiel de la FFST liste aussi des contre-indications :

    • Strictes : phlébite ou embolie, infarctus récent (attendre au moins 3 mois), pathologies chroniques non stabilisées comme l’épilepsie ou l’hypertension.
    • Relatives : ostéoporose grave, corticoïdes au long cours, diabète, fièvre élevée, cancer, grossesse, hernie discale ou sciatique en phase inflammatoire.
    • Locales : varices, plaies, fractures de moins de 6 semaines, cicatrices récentes, zones inflammatoires.

     

    Comment se déroule une séance de shiatsu ?

    Le shiatsu se reçoit traditionnellement habillé, allongé sur un futon posé au sol. La séance peut aussi se faire assis sur une chaise ou sur une table de massage pour les personnes que la position couchée au sol incommode (FFST).

    1. Un échange préalable sur l’état de santé et les attentes de la personne, pour repérer d’éventuelles contre-indications.
    2. Le recueil de son accord : le consentement est recherché dans tous les cas.
    3. La séance elle-même : pressions rythmées et étirements avec les paumes, les doigts, parfois les coudes ou les genoux.
    4. Un retour sur le ressenti, avec une orientation vers un médecin si des symptômes le justifient.

     

    Comment choisir un praticien de shiatsu ?

    Pour vous former ou pour orienter un patient, quelques critères simples permettent de s’y retrouver. Il n’existe pas de diplôme d’État de praticien en shiatsu : la référence est le certificat fédéral délivré par la FFST (FFST, référentiel 2025).

     

    Choisissez un praticien certifié

    Le certificat fédéral de la FFST sanctionne un cursus d’environ 1 500 heures de formation, dont 420 heures minimum en présentiel ou en distanciel, sur trois ans généralement. Pour l’obtenir, il faut notamment justifier de 150 séances de shiatsu attestées, avoir reçu 9 séances, rédiger 2 études de cas, détenir l’attestation de premiers secours PSC1 et passer un examen pratique devant un jury. Aucune candidature libre n’est possible : le candidat doit être rattaché à un organisme de formation accrédité. D’autres organismes proposent des formations, d’où l’intérêt de comparer leurs référentiels.

    • Demandez son certificat fédéral : le code de la FFST interdit de se présenter comme praticien tant qu’il n’est pas obtenu.
    • Méfiez-vous des promesses de guérison : un praticien sérieux oriente vers un médecin plutôt que de promettre un résultat.
    • Vérifiez qu’il vous interroge sur votre état de santé avant la séance.
    • Si vous associez d’autres techniques à la séance, le code de la FFST demande d’en informer la personne.

     

    Pourquoi et comment se spécialiser dans le shiatsu quand on est kiné ?

    Pour un kiné, le shiatsu peut séduire par sa complémentarité avec une pratique du toucher et par l’envie de proposer une approche de détente à sa patientèle. Le référentiel de la FFST souligne d’ailleurs que le diplôme d’État de masseur-kinésithérapeute dispense du module d’anatomie-physiologie, qui compte 100 heures. La FFST mentionne aussi un certificat de spécialisation, « pratiquer un shiatsu traditionnel dans le cadre de son activité professionnelle », accessible à certaines professions médicales et paramédicales, dans un centre habilité par la fédération.

    Se spécialiser demande un vrai engagement : trois ans de formation en général et une pratique régulière. Quelques règles du Code de la santé publique encadrent cette démarche (Légifrance, articles R4321-1 à R4321-145) :

    • Un kiné peut exercer une autre activité, mais ne peut y utiliser son titre qu’après accord du conseil départemental de l’Ordre (article R4321-68).
    • Il lui est interdit de proposer comme salutaire ou sans danger un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé (article R4321-87).
    • Il doit au patient une information loyale, claire et appropriée sur ce qu’il propose (article R4321-83).

    Nous n’avons trouvé aucun avis de l’Ordre propre au shiatsu : le plus simple est d’appeler votre conseil départemental avant de vous lancer, et de prévenir votre assureur de cette nouvelle activité. Le Conseil d’État a par ailleurs rappelé, dans sa décision du 14 novembre 2025, qu’utiliser une méthode à titre seulement complémentaire est sans incidence sur l’examen disciplinaire (analyse MACSF).

    Pour aller plus loin, lisez nos articles Un kiné libéral peut-il exercer une autre spécialité ?, Seconde activité kiné libéral et Pourquoi les médecines douces peuvent pénaliser le kiné libéral ?.

     

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    Questions fréquentes

     

    Qu’est-ce que le shiatsu ?

    C’est un art d’origine japonaise basé sur le toucher : pressions rythmées et étirements exercés avec les mains, les doigts et les paumes, sur une personne habillée.

     

    Le shiatsu est-il efficace ?

    Les preuves restent faibles : la revue systématique BMC de 2011 n’a retenu que 9 études sur le shiatsu. Il est donc préférable de le présenter comme un moment de détente.

     

    Le shiatsu soigne-t-il des maladies ?

    Aucune étude solide ne démontre son efficacité sur une pathologie précise. Il ne remplace jamais un avis médical.

     

    Comment reconnaître un praticien de shiatsu qualifié ?

    Il n’existe pas de diplôme d’État. Demandez le certificat fédéral de la FFST, obtenu après une formation d’environ trois ans.

     

    Un kiné peut-il se former au shiatsu ?

    Oui, le diplôme de masseur-kinésithérapeute dispense du module d’anatomie-physiologie. Il doit cependant respecter le Code de déontologie et obtenir l’accord du conseil départemental de l’Ordre pour utiliser son titre dans cette activité.

     

    Quelles sont les contre-indications du shiatsu ?

    Selon la FFST, les contre-indications strictes sont la phlébite ou l’embolie, l’infarctus récent et les pathologies chroniques non stabilisées comme l’épilepsie ou l’hypertension.

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