Ce qu’il faut retenir
- Plus de 9 000 kinésithérapeutes (libéraux et salariés) ont répondu à la nouvelle enquête nationale de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, sept ans après une première édition en 2018.
- Les indicateurs de mal-être progressent : charge de travail excessive, rémunération jugée insuffisante, contraintes administratives lourdes.
- Près d’1 kiné libéral sur 5 rapporte des violences verbales subies dans les 6 derniers mois (plus d’1 sur 4 chez les salariés).
- L’Ordre rappelle ses dispositifs de prévention : ligne d’écoute 24h/24, référents risques psychosociaux, test de Maslach.
- La charge administrative reste, elle, un levier sur lequel le cabinet peut agir concrètement.
Sept ans après une première étude nationale sur les conditions d’exercice des masseurs-kinésithérapeutes, l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes vient de publier les résultats d’une nouvelle enquête nationale, menée par le professeur Didier Truchot auprès de plus de 9 000 répondants. Le constat est sans détour : les indicateurs de mal-être progressent, et la profession absorbe une charge de travail, une pression administrative et parfois une violence du quotidien qui pèsent directement sur la santé psychologique des praticiens.
Pour un kiné libéral qui gère seul son cabinet, ces chiffres ne sont pas qu’une statistique de plus : ils recoupent souvent un vécu bien réel. Voici ce que dit précisément l’enquête, et surtout, ce qui reste entre les mains du praticien pour alléger une partie de cette charge.
Une enquête qui confirme une dégradation depuis 2018
La première étude nationale sur les risques psychosociaux chez les masseurs-kinésithérapeutes remonte à 2018. Sept ans plus tard, l’Ordre a commandé une nouvelle édition pour mesurer l’évolution de la situation. Plus de 9 000 professionnels ont répondu, libéraux et salariés confondus, ce qui en fait l’une des enquêtes les plus larges jamais menées sur la santé psychologique de la profession. Nous avions déjà évoqué les premiers signaux d’hyperstress et de burn-out chez les kinés libéraux dès 2021, sur la base des données CARPIMKO 2020 : cette nouvelle enquête de l’Ordre vient les actualiser, et les aggraver.
Le résultat ne va pas dans le sens d’une amélioration. Les facteurs de tension identifiés en 2018, charge de travail, rémunération, organisation du travail, se sont non seulement maintenus mais aggravés pour plusieurs indicateurs.
Les chiffres à retenir
Trois grandes catégories de tensions ressortent de l’enquête :
- La charge de travail, jugée excessive par une part croissante des répondants, avec des horaires qui empiètent sur la vie personnelle.
- La rémunération, perçue comme insuffisante au regard de l’investissement demandé, dans un contexte où les revalorisations tarifaires restent lentes face à l’inflation des charges.
- Les contraintes organisationnelles et administratives, citées comme un poids quotidien qui limite la capacité à exercer dans de bonnes conditions.
Sur le volet des violences, l’enquête est particulièrement préoccupante : près d’un kiné libéral sur cinq rapporte avoir subi des violences verbales au cours des six derniers mois, et plus d’un salarié sur quatre. Les violences physiques restent plus rares, mais bien réelles pour une partie de la profession. Les plus jeunes praticiens apparaissent comme les plus exposés à l’ensemble de ces facteurs de tension.
Ce que met en place l’Ordre pour accompagner les kinés
Face à ces résultats, l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes rappelle les dispositifs déjà à disposition des praticiens en difficulté :
- une ligne d’écoute accessible 24h/24 et 7j/7,
- un réseau de référents risques psychosociaux dans chaque conseil régional,
- un outil d’auto-évaluation du risque de burnout, basé sur le test de Maslach,
- et un dispositif d’entraide personnalisé entre confrères.
Pascale Mathieu, présidente de l’Ordre, qualifie ces résultats de « particulièrement préoccupants », tout en soulignant que les causes strictement économiques du mal-être (niveau de rémunération, revalorisations) relèvent avant tout des négociations conventionnelles, hors du champ d’action de l’Ordre.
La charge administrative : le facteur sur lequel le cabinet garde la main
Parmi tous les facteurs identifiés, la charge administrative est le seul sur lequel un kiné libéral peut agir directement, sans attendre une négociation conventionnelle ou une réforme réglementaire. Concrètement, cela passe par des choix d’organisation qui, cumulés, pèsent lourd sur une semaine de travail :
- la télétransmission et la facturation automatisées, pour éviter les relances et les rejets de feuilles de soins,
- un agenda centralisé qui limite les allers-retours entre plusieurs outils,
- un suivi patient qui ne repose pas sur des dossiers papier ou des fichiers dispersés,
- et une visibilité claire sur sa trésorerie, sans ressaisie manuelle en fin de mois.
C’est précisément ce que Topaze Air Kiné a été conçu pour absorber : un logiciel pensé pour que la gestion administrative du cabinet prenne le moins de place possible dans la semaine, afin de laisser plus d’espace à ce qui a motivé le choix de ce métier, le soin.
FAQ
Quelle est la source de cette enquête sur le bien-être des kinés en 2026 ?
Il s’agit d’une enquête nationale commandée par l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, menée par le professeur Didier Truchot auprès de plus de 9 000 kinésithérapeutes libéraux et salariés, sept ans après une première édition en 2018.
Combien de kinés ont subi des violences verbales selon l’enquête ?
Près d’un kiné libéral sur cinq et plus d’un salarié sur quatre rapportent avoir subi des violences verbales au cours des six derniers mois précédant l’enquête.
Quels dispositifs existent pour un kiné en difficulté psychologique ?
L’Ordre met à disposition une ligne d’écoute accessible 24h/24 et 7j/7, un réseau de référents risques psychosociaux dans chaque conseil régional, un outil d’auto-évaluation du risque de burnout (test de Maslach) et un dispositif d’entraide entre confrères.
La charge administrative est-elle vraiment un facteur de mal-être identifié ?
Oui, l’enquête cite explicitement les contraintes organisationnelles et administratives parmi les principaux facteurs de tension pesant sur les conditions d’exercice des kinésithérapeutes.
Existe-t-il des solutions concrètes pour réduire cette charge administrative ?
Automatiser la télétransmission et la facturation, centraliser l’agenda et le suivi patient dans un seul outil, et supprimer les ressaisies manuelles sont les leviers les plus directement actionnables par un cabinet, sans attendre une évolution réglementaire.
Les jeunes kinésithérapeutes sont-ils plus touchés ?
Oui, l’enquête souligne que les professionnels les plus jeunes sont plus exposés à plusieurs des facteurs de tension identifiés, notamment les violences verbales et la charge de travail.
