Blog 5 Kiné au quotidien 5 « Stop Violences » : l’Ordre lance une plateforme pour protéger les kinés

« Stop Violences » : l’Ordre lance une plateforme pour protéger les kinés

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    Un patient qui hausse le ton parce que la séance commence avec dix minutes de retard. Un proche qui menace au téléphone. Une remarque déplacée, une porte qui claque, parfois bien pire. Ces situations, de nombreux kinésithérapeutes les ont déjà vécues. Et pourtant, elles n’ont jamais leur place dans l’exercice professionnel.

    En octobre 2026, le Conseil national de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes franchit une nouvelle étape avec le lancement de « Stop Violences », une plateforme dédiée à la prévention et à la lutte contre les violences visant les kinés. On fait le point.

    Une priorité : la sécurité des kinésithérapeutes

    La kinésithérapie repose sur une relation de confiance avec les patients et leurs proches. C’est ce qui fait la richesse du métier… mais aussi sa vulnérabilité. Les kinés peuvent être confrontés à des situations de tension, d’incivilité, de menace ou de violence.

    Face à ce constat, l’Ordre a renforcé son action depuis septembre 2024. L’objectif : proposer aux professionnels des outils concrets et adaptés à leur exercice pour mieux prévenir les situations à risque, savoir comment réagir lorsqu’elles surviennent et être soutenus lorsqu’ils y sont confrontés.

    Concrètement, cela s’est déjà traduit par des accompagnements individuels et collectifs pour les kinésithérapeutes victimes de violences, ainsi que par des conférences en direct, ouvertes à toute la profession, pour donner des repères face aux situations de tension.

    « Stop Violences » : un point d’entrée unique

    La plateforme « Stop Violences » vient compléter ce dispositif. Accessible à tous les kinésithérapeutes, elle a été pensée comme un point d’entrée simple pour retrouver, au même endroit, les informations et ressources utiles.

    Elle permet notamment de :

    • comprendre les différentes formes de violences auxquelles un kiné peut être confronté ;
    • identifier les moyens de les prévenir ;
    • savoir vers qui se tourner et quelles démarches entreprendre lorsqu’une situation survient.

    Et surtout, elle porte un message essentiel : face à la violence ou à l’incivilité, vous n’êtes pas seuls, et vous pouvez être accompagnés.

    Signaler les violences : un geste essentiel

    On a souvent tendance à minimiser : « ce n’était qu’une insulte », « ça arrive », « je n’ai pas le temps ». Pourtant, signaler est important, même pour un fait isolé.

    L’Ordre encourage les kinésithérapeutes victimes de violences ou d’incivilités à effectuer un signalement sur la plateforme de l’Observatoire national des violences en santé (ONVS). Ces signalements sont analysés selon plusieurs critères : la nature de l’infraction, le profil de l’auteur et le motif de l’acte. Ils permettent de mieux connaître les violences subies par les professionnels de santé, d’orienter les politiques nationales de prévention et de renforcer la protection de toute la profession.

    Signaler, c’est contribuer à mieux mesurer le phénomène et à mieux protéger chacun d’entre nous.

    Bon à savoir : l’Ordre peut porter plainte pour vous

    Depuis le décret n° 2026-641 du 20 juillet 2026, pris en application de la loi du 9 juillet 2025 visant à renforcer la sécurité des professionnels de santé, un kinésithérapeute libéral inscrit au tableau peut donner mandat à son conseil départemental de l’Ordre pour déposer plainte en son nom. Cette possibilité est également ouverte aux URPS. Un levier précieux pour ceux qui hésitent à engager seuls les démarches.

    Au cabinet : 4 réflexes à adopter

    Anticiper les tensions. Retards, refus de prise en charge, questions de facturation… Expliquer clairement les règles du cabinet en amont limite les malentendus.

    Garder une trace. Notez la date, l’heure, les propos tenus et les éventuels témoins dès qu’un incident survient.

    Ne pas rester seul. Parlez-en à vos collègues, à votre conseil départemental de l’Ordre, et faites-vous accompagner.

    Signaler systématiquement sur la plateforme de l’ONVS, et porter plainte si nécessaire.

    En résumé

    Les violences, verbales ou physiques, ne font pas partie du métier. Avec « Stop Violences », les kinésithérapeutes disposent désormais d’un point d’appui clair pour comprendre, prévenir, savoir vers qui se tourner et être accompagnés.

    Sources : Lettre de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes (octobre 2026) ; ordremk.fr.

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