Êtes-vous un kiné hors-la-loi qui s’ignore ? Il est vrai que la question des dépassements d’honoraires est loin d’être claire pour tout le monde. Une situation floue qui démontre que, de manière plus générale, c’est le système de soins lui-même qui n’est pas adapté au quotidien des kinés.
Les dépassements d’honoraire, voilà un sujet qui revient souvent dans les discussions entre kinés. Et pour beaucoup, c’est souvent le flou, on ne sait pas trop comment évolue la situation. En France, en 2026, le cadre réglementaire national reste particulièrement rigide. Contrairement aux médecins, aucun espace de liberté tarifaire globale n’est accordé au professionnel de santé libéral pour l’application de ses soins du quotidien.
Et, entre la hausse constante des charges de nos cabinets et des tarifs conventionnels qui peinent à suivre l’inflation, la tentation est parfois forte de modifier sa facturation pour maintenir la viabilité économique de son activité. Pourtant, l’Assurance Maladie veille au grain et les règles du jeu restent strictes, plaçant chaque kinésithérapeute face à un véritable dilemme de gestion au jour le jour.
Pourquoi parle-t-on d’un durcissement des règles tarifaires en 2026 ?
L’impact de l’échec du PLFSS 2026
L’automne dernier, le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) pour 2026 a fait trembler le monde de la santé. Une nouvelle loi prévoyait initialement d’alourdir la taxe sur les dépassements d’honoraire. Une surcotisation brandie comme une mesure dissuasive nationale. Pour l’Ordre national et les syndicats, cette menace a nécessité une mobilisation immédiate pour défendre chaque kiné libéral face à une taxation punitive. Finalement, face à la fronde syndicale, les députés ont rejeté cet article fin 2025.
En 2026, la taxe sur les dépassements d’honoraire reste donc maintenue à son niveau historique national de 3,25 %. L’échec de cette loi a offert un répit technique à la profession. Cependant, la vigilance reste de mise car la CPAM cherche constamment à limiter le reste à charge des patients en France, ce qui maintient une pression constante sur nos honoraires.
Le kinésithérapeute libéral dans une situation spécifique et pas adaptée
Contrairement à d’autres professions médicales, le kinésithérapeute en France ne dispose d’aucun accès au Secteur 2 à honoraires libres. Le kiné est donc bloqué dans le Secteur 1. Traduction : le prix de chaque soin est dicté par un tarif national unique fixé par l’Assurance Maladie. Or, ce modèle conventionnel est aujourd’hui totalement déconnecté de la réalité économique : alors que l’inflation et les charges fixes d’un cabinet (loyers, énergie, investissement dans des plateaux techniques de pointe) ont explosé, la valeur des actes imposée par la CPAM est restée dramatiquement basse.
C’est précisément cette impasse financière qui crée un effet pervers et lie la spécificité de notre statut à la hausse des dérives tarifaires. Pour maintenir la viabilité de leur structure et continuer à proposer des soins qualitatifs et individuels — sans tomber dans l’abattage de patients en simultané —, de nombreux libéraux se retrouvent acculés. Le recours détourné au Dépassement d’Exigence (DE) ou la facturation d’actes hors nomenclature ne relèvent pas d’un choix de confort, mais d’une stratégie de survie pour ne pas travailler à perte.
Le Secteur 1, censé garantir l’accès aux soins, se transforme ainsi en un piège budgétaire pour le professionnel de santé. En refusant d’aligner les honoraires conventionnels sur le coût réel de la vie, le système pousse indirectement les kinés à franchir la ligne rouge de la facturation, malgré le durcissement évident des contrôles et des sanctions de l’Ordre national.
Quelles sont les autres évolutions majeures à suivre pour notre profession ?
Les possibles évolutions à venir dans les prochains mois
Au-delà de la question stricte des dépassements d’honoraire, la situation socio-économique des libéraux évolue via l’application de l’Avenant 7 et des ajustements portés par l’Avenant 8 en mai 2026. Si ces textes apportent une revalorisation attendue des lettres clés pour valoriser nos soins, ils s’accompagnent d’une nouvelle contrainte majeure : le durcissement de l’accès aux zones dites « sur-dotées ».
L’installation en zone non-prioritaire fait désormais l’objet d’un arbitrage national strict mené par la CPAM, compliquant l’avenir des jeunes kinés libéraux. De plus, les reports successifs des revalorisations tarifaires initialement prévues ont créé un effet de ciseaux délétère face aux coûts de gestion croissants des cabinets de kinésithérapie.
Comment s’organiser pour défendre les droits du professionnel de santé ?
Face à ces transformations de la santé publique, l’action collective s’impose comme une nécessité. Pour faire valoir leurs revendications légitimes, les kinés doivent s’appuyer sur leurs instances représentatives. Les syndicats nationaux de libéraux jouent un rôle de premier plan lors des négociations avec l’Assurance Maladie et le ministère de la Santé.
Voici comment la profession peut s’organiser efficacement :
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En rejoignant activement un syndicat représentatif pour peser sur les futures décisions de la CPAM et de l’Assurance Maladie.
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En participant aux enquêtes de terrain pour faire remonter la réalité économique des structures de soins.
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En respectant scrupuleusement les directives édictées par l’Ordre national pour maintenir la qualité des soins et la déontologie.
FAQ
Le kinésithérapeute peut-il pratiquer des dépassements d’honoraire libres en 2026 ?
Non, le kinésithérapeute libéral est obligatoirement soumis au Secteur 1 en France. Seul le Dépassement d’Exigence (DE) reste toléré sous des conditions de temps ou de lieu extrêmement strictes et individualisées.
Qu’a changé l’échec du projet de loi PLFSS 2026 pour les kinés ?
Le rejet de cette loi par les députés a empêché une hausse drastique de la taxe nationale sur les dépassements d’honoraire. La surcotisation des professionnels reste donc fixée à 3,25 % cette année.
Quel est le rôle de la CPAM dans le contrôle des honoraires ?
La CPAM audite régulièrement les feuilles de soins télétransmises. L’Assurance Maladie traque chaque dépassement injustifié pour garantir l’accès aux soins sans reste à charge abusif pour les assurés sociaux.
Comment l’Ordre national intervient-il sur la situation tarifaire ?
L’Ordre national des masseurs-kinésithérapeutes veille au respect du Code de déontologie. S’il ne négocie pas directement les tarifs conventionnels, il rappelle qu’un professionnel de santé doit s’abstenir de toute pratique assimilable à un commerce de la santé.
Quelles nouvelles mesures soutiennent l’exercice libéral en 2026 ?
L’entrée en vigueur de l’Avenant 8 en mai 2026 permet une revalorisation ciblée de certains actes conventionnels. Une bouffée d’oxygène relative face à l’inflation subie par les kinés libéraux.

