À retenir
L’avenant 8 à la convention nationale, signé le 28 novembre 2025, sécurise 530 millions d’euros de revalorisations tarifaires jusqu’en 2027, avec des mesures effectives au 1er janvier puis au 28 mai 2026.
L’accès direct au kinésithérapeute reste, mi-2026, une expérimentation de 5 ans limitée à 20 départements, encadrée par le décret n° 2024-618 du 27 juin 2024 : jusqu’à 8 séances sans prescription médicale pour un kiné exerçant en CPTS, maison ou centre de santé.
Aucune obligation légale spécifique aux masseurs-kinésithérapeutes n’impose, à ce jour, un passage par un exercice salarié ou en zone sous-dotée avant toute installation libérale : la régulation de l’installation reste organisée via le système incitatif de zonage de la convention nationale, pas par une loi contraignante dédiée à la profession.
Fin 2025, l’avenir de la profession semblait suspendu à des arbitrages budgétaires et à des textes encore en discussion. Mi-2026, certains de ces sujets sont tranchés, d’autres restent ouverts. Voici un point d’étape factuel et sourcé sur les quatre dossiers qui concernent le plus directement votre exercice au quotidien.
Où en est l’avenant 8 pour les kinés libéraux en 2026 ?
Signé le 28 novembre 2025 pour sécuriser des revalorisations negociées dès 2023 mais menacées par les arbitrages budgétaires de l’été 2025, l’avenant 8 est aujourd’hui en cours d’application. Il ne s’agit plus d’une perspective mais de mesures déjà entrées en vigueur ou dont la date d’application est fixée.
| Mesure | Statut au mois d’août 2026 |
| Actes de rééducation orthopédique/rhumatologique (+0,6 point) | En vigueur depuis le 1er janvier 2026 |
| RPE 6 remplacé par RPE 8,5 | En vigueur depuis le 1er janvier 2026 |
| Indemnité forfaitaire de déplacement spécifique (4 €) | En vigueur depuis le 1er janvier 2026 |
| Actes de rééducation multi-territoires et amputation (+0,3 point) | Entrée en vigueur le 28 mai 2026 |
Source : ameli.fr, avenants à la convention nationale (consulté en août 2026).
Notre article dédié à l’avenant 8 kiné détaille l’ensemble des lettres-clés concernées et leur bonne utilisation en facturation.
L’accès direct au kiné est-il généralisé en France en 2026 ?
Non. Contrairement à une idée reçue, l’accès direct reste en 2026 une expérimentation encadrée, et non un droit généralisé sur tout le territoire. Le décret n° 2024-618 du 27 juin 2024, pris en application de la loi du 19 mai 2023, l’a lancée pour une durée de 5 ans dans des départements pilotes.
| Élément du dispositif | Contenu |
| Base légale | Loi n° 2023-379 du 19 mai 2023 ; décret d’application n° 2024-618 du 27 juin 2024 |
| Structures éligibles | CPTS (communauté professionnelle territoriale de santé), maison de santé pluriprofessionnelle, centre de santé |
| Limite sans prescription | 8 séances maximum, puis réorientation vers le médecin traitant si besoin |
| Départements concernés en 2026 | 20 départements pilotes, dont l’Isère, le Nord, le Rhône, la Seine-Maritime, les Yvelines et les Deux-Sèvres |
Source : topaze.com, l’accès direct aux kinésithérapeutes en 2026 (mis à jour le 3 août 2026).
La question pour la suite de 2026 n’est donc pas de savoir si l’accès direct existe, mais s’il sera étendu à d’autres départements, voire pérennisé au terme des 5 ans d’expérimentation. La CNAM se montre pour l’instant prudente face à la hausse des dépenses de kinésithérapie observée depuis 2022.
L’installation des jeunes kinés libéraux va-t-elle être davantage réglementée en 2026 ?
Le débat existe, mais il concerne d’abord la médecine générale : plusieurs propositions de loi visant à réguler l’installation des médecins dans les zones sur-dotées ont été discutées au Parlement en 2025. Aucun texte de loi équivalent, contraignant spécifiquement les masseurs-kinésithérapeutes à un passage par un exercice salarié ou en zone sous-dotée avant toute installation libérale, n’a été identifié comme adopté à ce jour.
Pour la profession, la régulation reste donc organisée par la voie conventionnelle : le zonage de la convention nationale conditionne déjà l’accès au conventionnement en zone très sur-dotée à une réduction équivalente de l’offre existante, et des contrats incitatifs financent l’installation en zone sous-dotée. C’est ce cadre, et non une nouvelle obligation légale, qui continue de façonner les choix d’installation en 2026.
Pour comprendre ce système actuel de zonage et les aides associées, notre guide du zonage pour les kinés libéraux et notre article sur le nombre de kinés libéraux en France détaillent les disparités territoriales à l’origine de ce débat.
Quelle place pour le kiné dans la réorganisation des soins primaires en 2026 ?
Les CPTS, maisons de santé pluriprofessionnelles et centres de santé continuent de structurer l’exercice coordonné, porté à la fois par l’expérimentation de l’accès direct et par la volonté des pouvoirs publics de mieux répartir les compétences face à la pénurie de médecins. Pour les kinés, cela se traduit par davantage de coordination avec les autres professionnels de santé, mais aussi par une charge administrative supplémentaire (protocoles partagés, traçabilité des actes) qui n’est pas toujours accompagnée de moyens dédiés.
Notre article sur la maison de santé pluriprofessionnelle détaille les avantages et les contraintes concrètes de ce mode d’exercice pour un kiné libéral.
Que faut-il surveiller sur le reste de l’année 2026 ?
| Dossier | Statut confirmé | Ce qui reste à trancher |
| Avenant 8 | Budget de 530 M€ sécurisé ; mesures du 1er janvier 2026 appliquées | Application des mesures du 28 mai 2026 dans la durée |
| Accès direct | Expérimentation active dans 20 départements | Extension à d’autres départements ou pérennisation après 5 ans |
| Installation des jeunes diplômés | Régulation par le zonage conventionnel existant | Absence de nouvelle loi contraignante confirmée pour les kinés à ce jour |
| Réorganisation des soins primaires | Montée en charge des CPTS et MSP | Moyens humains et financiers alloués à cette coordination |
FAQ : les évolutions 2026 pour les kinés libéraux
L’avenant 8 remplace-t-il l’avenant 7 ?
Non, il le complète : l’avenant 8, signé le 28 novembre 2025, sécurise et ajuste le calendrier de revalorisations déjà négociées dans l’avenant 7 de 2023, sans annuler ses autres dispositions (accès direct, télésoin) (source : ameli.fr).
L’accès direct au kiné est-il possible partout en France en 2026 ?
Non, il est limité à une expérimentation de 5 ans dans 20 départements pilotes, pour les kinés exerçant en CPTS, maison ou centre de santé, dans la limite de 8 séances sans prescription médicale (source : décret n° 2024-618 du 27 juin 2024).
Un jeune diplômé est-il obligé de travailler en zone sous-dotée avant de s’installer en libéral ?
Non, aucune obligation légale en ce sens n’est confirmée pour les masseurs-kinésithérapeutes à ce jour. L’installation reste régulée par le système incitatif et conditionné du zonage de la convention nationale, pas par une loi contraignante spécifique à la profession.
Quel est le budget sécurisé par l’avenant 8 ?
L’avenant 8 sécurise 530 millions d’euros de revalorisations tarifaires pour la profession jusqu’en 2027 (source : topaze.com, ameli.fr).
Quels départements participent à l’expérimentation de l’accès direct en 2026 ?
20 départements sont concernés, parmi lesquels l’Isère, le Nord, le Rhône, la Seine-Maritime, le Var, les Yvelines et les Deux-Sèvres (source : topaze.com, mis à jour le 3 août 2026).
Que se passe-t-il après 8 séances en accès direct ?
Au-delà de 8 séances sans prescription médicale, le kinésithérapeute doit réorienter le patient vers son médecin traitant si la poursuite des soins l’exige (source : décret n° 2024-618 du 27 juin 2024).


